Première apparition de Procératosaurus
Lyzie, cachée sous une énorme
racine accompagnée de Colette, Patrick, Caroline et Mickaël, lui intimait
l’ordre de se taire, l’index posé contre sa bouche. Puis avec ce même doigt,
lui indiqua quelque chose face à eux.
Il se tenait là, à une dizaine de mètres
des trois hommes, debout sur ses pattes arrières, la tête et le corps faces à
eux, le regard vif, les mâchoires fermées, le museau long et étroit surmonté
d’une crête partant des naseaux et s’incurvant au-dessus des orbites oculaires,
la crête était rouge vive, le reste du corps tirant sur le bleu, et le violet
sur la nuque, le dos, et le dessus de la queue. Il portait ses bras bien en
avant, les mains aux doigts griffus se faisant face. Sa respiration était
saccadée. La créature devait bien mesurer trois mètre de long.
Il les observait, hochant la tête
de droite et de gauche, un peu à la manière d’un oiseau, les paupières
fonctionnant à plein régime, la queue se balançant tranquillement. Il semblait
curieux, sans doute peu habitué à une telle présence. Il continua son
observation, sans ne montrer aucun signe d’agressivité, il n’avait pas l’air de
vouloir attaquer, juste d’observer ces étrangers.
- Prodigieux. Souffla Nikos,
encore une fois totalement émerveillé.
- Ne bougeons pas.
Il ne bougèrent pas, l’animal non
plus d’ailleurs. Il restait là, répétant ses mouvements saccadés de la tête, il
n’émit pas un son, on entendait juste légèrement sa respiration.
Une mouche vint interrompre sa
quiétude en venant tourner autour de ses
narines. Il secoua vigoureusement la tête, visiblement agacé. Il baissa
alors la tête, se cachant les naseaux à l’aide de son antérieur gauche. Cela
lui donnait presque l’air d’un petit chiot, d’un animal mignon. Il éternua avec
vigueur, éjectant un peu de liquide transparent de ses narines. La mouche était
visiblement entrée à l’intérieur. Il fit un nouveau raclement, éjectant encore un
peu de liquide, puis il releva la tête. Il s’ébroua, allant bien mieux. Il
avait dû réussir à faire sortir la mouche. Du liquide coulait sur le bout de
son museau, lui donnant un air comique.
A cet instant, quelque chose de
petit et de long lui passa en courant juste sous les yeux, il tourna la tête
dans la direction où était partie la petite créature, ouvrit la gueule et émit
un cris très aigüe et sifflant, avant de détaler à sa poursuite, disparaissant
dans les fourrés.
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